 Les œuvres laissées par Gaston Chaissac, imaginatives et humbles, témoignent de l’urgence créative de l’un des artistes les plus originaux de son temps. En effet, pendant plus de 20 ans, Chaissac a cherché à créer un mode d’expression nouveau, tour à tour tendre et caustique, mais toujours personnel. S’émancipant de toutes contraintes matérielles : papiers peints, kraft, planches de bois, vieux balai, pierres, souches…, il s’approprie les supports les plus divers, les plus pauvres parfois, et les réinterprète dans le souci de ne jamais se répéter...
Loin de n’être qu’un « Picasso en Sabots » ou un peintre - artisan, Gaston Chaissac est avant tout le créateur de son propre langage. Voilà pourquoi, au fil des ans, le « patrimoine chaissacien » a influencé de grands artistes tels qu’Alechinsky ou Combas entre autres, et confère à son œuvre un rôle majeur dans l’histoire de l’art contemporain.
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| 1910-1925 |
Elevé par un père absent et une mère très aimante, le jeune Chaissac gardera de grands souvenirs du jardin de son enfance. Une jeunesse maladive, nerveuse et instable, il n’appréciera pas particulièrement l’école. Après des tentatives scolaires malheureuses, débutèrent les essais d’apprentissages : il sera tour à tour marmiton, quincaillier, bourrelier et cordonnier. |
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| 1926–1935 |
Installation chez Georgette, sa sœur bien aimée à Villapourçon. Sa santé précaire l’empêche de faire son service militaire, ce qui lui donne le sentiment d’être inférieur. La mort de sa mère qu’il adorait fût très mal vécue par Gaston. Selon Camille (son épouse), il ne s’en est peut-être jamais remis. Peu après, le mariage de sa sœur, pour laquelle il avait beaucoup d’admiration car elle avait fait des études, est un second choc. Dès lors commencèrent des années de désarroi entrecoupées d’aller-retour à Paris. |
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| 1937- 1940 |
Départ définitif vers Paris chez son frère. Le peintre Otto Freundlich et Jeanne Kosnick-Kloss habitent le même immeuble. Il fera dans leur atelier ses premiers essais et Freundlich aurait dit : « Un maître nous est né ». Robert Delaunay serait parmi les premiers à connaître le travail de Chaissac. Il aurait eu l’intention, de choisir certaines œuvres à exposer mais la mort l’en empêcha. Atteint d’une tuberculose, il passera un moment au sanatorium d’Asnières. Les Freundlich ont fait connaître Chaissac au couple Gleizes. Gaston fréquentera régulièrement l’atelier d’Albert. Première exposition à la galerie Gerbo dans le 16ème. En 1940, il rencontre Camille Guibert à la cité sanitaire de Clair-Vivre (Dordogne). Un échange de lettres s’installe entre eux (déjà à cette époque il s’adonne à l’écriture). |
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| 1941-1945 |
En janvier 1941 il écrit à Camille : « Après beaucoup d’autres vous voulez me persuader que je suis un artiste ». En 1942, il s’installe avec l’aide des Gleizes à Saint-Remy-de-Provence. Il regarde souvent Albert peindre. Il fait la connaissance d’André Lothe et André Bloc, directeur de L’Architecture d’Aujourd’hui qui contribuera à faire connaître l’œuvre de Chaissac avec sa revue. En octobre, il épouse Camille à Vix (Vendée). Naissance d’Annie en 1943. Camille est nommée institutrice à Boulogne. Ses œuvres sont présentées dans différentes expositions à Paris et en province et des intellectuels comme Raymond Queneau, Jean Paulhan et Jean Dubuffet s’y intéresseront. Une relation épistolaire s’en suivra. |
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| 1947–1950 |
Paulhan et Dubuffet ont convaincu Chaissac d’exposer à la galerie Arc-en-ciel à Paris. Cela engendre une nouvelle rencontre heureuse : Anatole Jakovsky, avec qui il entretiendra des rapports très étroits. En 1948, nouveau départ vers Sainte-Florence-de-l’Oie (Vendée) où Camille est nommée institutrice. Il participera à une exposition dans un pavillon du jardin des éditions Gallimard. A cette occasion est créée la compagnie de l’art brut, parmi les six fondateurs on compte André Breton, Jean Dubuffet et Jean Paulhan. Un choix de lettres est publié dans Les Cahiers de la Pléiade. En 1949, première exposition de l’art brut à la Galerie Drouin, soixante-trois auteurs différents y seront présentés.Texte clef de Dubuffet : il définit cet art comme « des personnes indemnes de culture artistique »… Lors d’une de ses visites à Chaissac en Vendée, Jean Dubuffet entre dans la Galerie de Michel Columb à Nantes et dit à Mlle Marot : « Je suis Dubuffet et je voudrais que vous exposiez Gaston Chaissac». L’expositi |
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| 1951–1960 |
Chaissac était un personnage singulier dont les photographes de l’époque, tels que Robert Doisneau (1952) et Gilles Ehrmann (1955), étaient très friands. Il écrit dans Chronique de l’Oie et La Nouvelle Revue Française (1957-1960). Publication d’Histoires d’un vacher (1952) et des Tentations de la plume de paon. |
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| 1961–1964 |
Après la fermeture de l’école où enseignait Camille, ils retournent vivre à Vix. Malgré une santé chancelante, il continue à écrire et à peindre. Il se lie d’une étroite amitié avec le curé du village voisin, l’abbé Pierre Renou. Il exécutera un vitrail pour l’église de Damvix. A Vix, comme ailleurs, il ne sera jamais très bien compris par les hommes et les femmes qui l’entourent. Dolorès Ormandy vient de New York, Iris Clert de Paris et Pagani de Milan, pour enrichir les collections étrangères avec certaines de ses œuvres. Il meurt le 7 novembre 1964 à l’hôpital de La Roche-sur-Yon après trois semaines de souffrance. |
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| 1973 |
L’œuvre de Gaston Chaissac entre enfin dans les musées par le biais d’une rétrospective au Musée national d’Art moderne de Paris. |
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